Guadeloupe, île papillon entre volcans, lagons et créolité

Une histoire de conquêtes, de canne à sucre et de liberté

C’est Christophe Colomb qui découvrit la Guadeloupe le 14 novembre 1493. L’île était alors habitée par les Indiens Caraïbes qui lui avaient donné le joli nom de « Caloucaera », l’île aux belles eaux. Le 28 juin 1635, un groupe de Français conduit par Charles Liénard de l’Olive et Jean Duplessis d’Assonville débarqua sur la côte sud-est de Basse-Terre et y développa les premières cultures. Dix ans plus tard, le premier moulin à sucre était en activité, annonçant la longue histoire de la canne. Ce n’est pourtant qu’en 1674 que la France annexa officiellement la Guadeloupe.

Au cours des siècles, l’île fut l’objet de luttes acharnées entre Français et Anglais, chacun convoitant la précieuse canne à sucre. Le traité de Vienne, en 1816, rendit définitivement la Guadeloupe à la France. L’esclavage y fut aboli en 1848, après la campagne menée par Victor Schoelcher, auquel une statue rend aujourd’hui hommage à Pointe-à-Pitre. La Guadeloupe est représentée au Parlement depuis 1871 et, depuis 1946, elle forme un département d’outre-mer avec les jolies petites îles de Marie-Galante, la Désirade, les Saintes et, plus au nord, Saint-Barthélemy et la partie française de Saint-Martin.

Une île papillon entre Grande-Terre et Basse-Terre

Terre volcanique à la végétation exubérante, la Guadeloupe dessine la silhouette d’un papillon posé sur le fond bleu de la mer des Antilles. Au nord-est, Grande-Terre aligne ses 595 km² de champs de canne à sucre, de plateaux, de falaises et de lagons turquoise. À l’opposé, Basse-Terre, dominée par le volcan de la Soufrière, présente un relief accidenté, fait de gorges profondes, de crêtes couvertes de forêt et de vallées où coulent des rivières aux eaux claires. Entre les deux ailes du papillon, une bande de terre et de mangrove, la Rivière Salée, abrite la baie de Pointe-à-Pitre, le plus grand port de l’île.

À Pointe-à-Pitre, le très coloré marché Saint-Antoine, rendez-vous des ménagères matinales, permet de s’imprégner de l’ambiance locale. Les étals croulent sous les fruits exotiques, mangues, ananas, bananes, fruits de la passion, mais aussi sous les épices et les fleurs tropicales, anthuriums, balisiers, flamboyants, roses de porcelaine ou strelitzias. En sortant du marché, on flâne le long de la rue Frébault, entre boutiques et vitrines, avant de rejoindre les musées Schoelcher et Saint-John-Perse, dédiés au combat abolitionniste pour l’un et à la mémoire du poète guadeloupéen pour l’autre.

Stations balnéaires et villages de Grande-Terre

Les amateurs de farniente trouvent leur bonheur sur les plages de Grande-Terre. Sainte-Anne, Anse-Bertrand, Le Gosier, Saint-François, Le Moule ou Port-Louis sont autant de villages pittoresques bordés de sable blanc et de cocotiers. À Gosier, l’Aquarium de la Guadeloupe permet de découvrir la faune et la flore de la mer des Caraïbes, entre poissons multicolores, coraux et tortues. Au Moule, le musée Edgard-Clerc présente la préhistoire amérindienne de l’île et les vestiges laissés par les premiers habitants.

À l’intérieur des terres, la canne à sucre est omniprésente, en compagnie des bananeraies et des cultures maraîchères. La récolte s’étale de février à mai et les distilleries ouvrent leurs portes aux visiteurs. On y découvre les étapes de fabrication des rhums agricoles qui ont fait la réputation de la Guadeloupe, avant de déguster, avec modération, un punch savoureux composé de sirop de canne, de rhum blanc et de citron vert. Autour des Abymes et de Morne-à-l’Eau, les champs, les usines et les chais racontent cette économie sucrière et alcoolière toujours très vivante.

Basse-Terre, la Soufrière et le parc national

En rejoignant Basse-Terre, on pénètre dans un univers beaucoup plus montagneux. La Soufrière, volcan actif qui culmine à 1 467 mètres, se dresse au cœur d’une épaisse forêt tropicale intégrée au parc national de la Guadeloupe. Des sentiers de randonnée remarquablement entretenus traversent cette végétation luxuriante et conduisent les marcheurs vers les fumerolles du sommet. En chemin, torrents aux eaux limpides, bassins naturels, cascades sulfureuses et chutes spectaculaires se succèdent. Les chutes du Carbet, parmi les plus célèbres, offrent un spectacle grandiose, surtout après la saison des pluies.

Dans le parc national, le site de la Roche Gravée rappelle la présence amérindienne à travers des pétroglyphes mystérieux. Sur la côte sous le vent, en redescendant après Saint-Claude, on retrouve une succession de villages colorés bordés de plages de sable noir : Lamentin, Sainte-Rose, Goyave, Pointe-Noire, Bouillante, Trois-Rivières, Sainte-Marie, Deshaies. À Pointe-Noire, l’arboretum tropical et la Maison du bois présentent les essences locales et le travail du bois traditionnel, véritable plongée dans la culture forestière de l’île.

Art de vivre créole, fêtes et traditions

À l’image de sa culture, la Guadeloupe offre une architecture pleine de charme et de diversité : cases en bois ou en branchages tressés, maisons créoles aux galeries fleuries, grandes demeures coloniales, temples hindous hérités de l’engagisme indien. Terre hospitalière, l’île reste très attachée à ses traditions. Les jours de fête, il n’est pas rare de croiser des femmes en costume traditionnel, jupe en madras jaune et orange, coiffe assortie, jupon de dentelle blanche et châle posé sur les épaules.

La fête des cuisinières, qui se déroule à Pointe-à-Pitre le jour de la Saint-Laurent, est l’un des moments les plus emblématiques. Les cuisinières défilent en costume, panier au bras, avant un grand repas et un bal où la cuisine créole est à l’honneur. Accras de morue, boudins, poissons et crustacés grillés, rougets, langoustes, congres, poulpes et fameux colombo de poulet, de porc, de mouton ou de cabri composent des tables généreuses. Le carnaval, autre grand rendez-vous festif, enflamme les rues pendant trois jours qui s’achèvent avec le Mardi gras. On se déguise de feuilles de bananiers ou de costumes de satin rouge, on chante les airs rendus célèbres par Kassav et l’on danse au son des tambours, de la biguine, du calypso et du gwoka.

Croyances, culte des morts et petite magie créole

Si l’on sait s’amuser en Guadeloupe, le culte des morts occupe aussi une place particulière. À la Toussaint et au jour des morts, les 1er et 2 novembre, les habitants recouvrent les tombes de fleurs et de cierges illuminés, transformant les cimetières en jardins de lumière. Dans l’île, la croyance au surnaturel reste vivace. Sur les marchés où résonne la langue créole, on peut encore rencontrer le « quimboiseur », personnage auquel on prête le pouvoir de préparer breuvages magiques et filtres destinés à envoûter ou à désenvoûter.

Plages, petites îles et artisanat local

Tout autour de la Guadeloupe, de belles plages de sable blanc ou de sable noir invitent à la baignade, aux sports nautiques et à la pêche en mer. La découverte se prolonge vers les petites îles voisines et leurs villages : Marie-Galante et Grand-Bourg, la Désirade, les Saintes, Saint-Barthélemy et Gustavia, Saint-Martin et Marigot, chacune avec son atmosphère, ses reliefs et ses traditions. Excursions, balades en bateau, plongée et navigation de plaisance complètent ces escapades insulaires.

Avant de quitter l’archipel, il est difficile de résister aux boutiques d’artisanat local. Statuettes africaines en bois, poupées de paille, chapeaux traditionnels comme les salakos des pêcheurs saintois, objets sculptés, tissus colorés, bijoux fantaisie et souvenirs de rhum remplissent sacs et valises. On repart souvent les bras chargés de bouquets tropicaux et de cadeaux, avec la promesse intime de revenir un jour.

Informations pratiques et envies de prolonger le voyage

Cette présentation n’offre qu’un aperçu de la richesse du patrimoine guadeloupéen et de la variété des activités possibles, entre plages, randonnées, visites culturelles et fêtes populaires. Pour préparer plus précisément un séjour, organiser des excursions ou connaître les manifestations locales, il est conseillé de prendre contact avec les offices de tourisme et syndicats d’initiative du département. Ils fourniront programmes, adresses, coordonnées et idées de découvertes adaptées à chaque envie. Une chose est sûre : une fois la Guadeloupe quittée, on garde longtemps en mémoire ses couleurs, ses parfums et ses musiques.

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